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Mardi 29 octobre, à la mi-journée, je suis redescendue du Phare du bout du monde, au large de La Rochelle, dans lequel j’ai passé 24 h en résidence éphémère d’écriture.
Voici quelques textes écrits sur place durant ces petites 24 heures bien trop courte…

Le temps compté

Dans mon phare, je compte.
Je compte les faces de ses murs, 8.
Octogonal, mon cher.
Je compte les pas du chemin de ronde, 42.
Un bel âge.
Je compte les tours du chemin de ronde, 6.
Le temps de se brosser les dents.
Je compte les éclats de la bouée au ras de l’eau, 9.
Une belle année, à côté du 6.

Dans mon phare, je perds la boule pour mieux voir la sienne, en vigie.
Dans la brume, elle dessine un demi-cercle tronqué à l’allure inquiétante. 
Mi-vert, mi-blanc.

Dans mon phare, je compte.
Je compte les pêcheurs à pied, 100, 150.
Beaucoup trop pour le bout du monde.
Je compte les bateaux au petit matin, 4. 
Dans la brume avançant sans bruit, ils caressent l’eau plate. 

Dans mon phare, je compte les avirons qui percent la brume, 2.
Reflets de lune aux couleurs d’argent.
Je compte les mouettes qui, au petit matin, me disent bonjour, 4.
Leur conversation me surprend au creux de ma parenthèse.

Dans mon phare, la seule chose que je n’ai pas comptée, c’est le temps.
Trop court.

Quelques Haïkus

Des voix humaines

Soudain perce le silence

Trois gonzesses rament.

Passagère clandestine 
D’une nuit, je suis
Le phare veille sur moi.


Rentrée le 24 septembre